V60-Andalousie - Antequera - Cordoue - Montoro - Baeza - Vera

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Avril 2026


1 semaine en Andalousie

entre Antequera - Cordoue - Montoro - Baeza - Zújar - Vera

(908 km)


Publication : 10/05/2026
#laperleencc #laperleencc60


Vous trouverez ici une sélection de photos ou vidéos dans les fenêtres de notre Instagram (avec parfois une petite flèche à droite/gauche de la photo pour faire défiler l'album). Commentaires optimisés par l'IA française (https://chat.mistral.ai)

Vous trouverez également de nombreuses images 360° de Google Maps. Si ces dernières ne s'affichent pas, il suffit juste de cliquer sur le lien Afficher dans Google Maps (en haut à gauche de la photo noire) pour avoir la vue en grand format dans une nouvelle fenêtre.

La carte du voyage : 


A partir de cette carte, en cliquant sur les petites icones (bivouac, pique-nique, visites, services, commerces, etc ...), vous pouvez avoir accès directement au compte-rendu de cette journée.

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➤ J1 : Torremolinos > Antequera (77 km)    14/04/2026

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C'est une première pour nous, nous allons faire la route avec deux véhicules. Nous allons en effet voyager avec Pascale et Philippe, amis de longue date, et camping-caristes tout juste rentrés du Maroc.


Après la réparation de leur fourgon (un problème de support de filtre à gasoil, dont la pièce de remplacement avait été commandée à Fiant Malaga), nous partons de Torremolinos après déjeuner. Nous prenons la direction d'Antequera. 

Nous faisons une première étape dans le parc du Torcal en passant par la MA3404 et l'A7075. La route grimpe rapidement en direction des sommets rocheux. Comme nous arrivons en fin de journée, vers 17h, nous trouvons à stationner sur le parking du haut (P4n), vers le centre des visiteurs, de ce site karstique spectaculaire, façonné par des millions d’années d’érosion. 


Nous faisons une petite promenade à pied au cœur de l'un des paysages les plus impressionnant de la péninsule. Les rochers aux formes étranges, semblables à des sculptures naturelles, nous transportent dans un décor presque lunaire. Une randonnée parmi les sentiers balisés nous permet d’admirer ce paysage unique, où chaque pierre semble raconter une histoire géologique.

C'est véritablement spectaculaire, et la vue sur la baie de Málaga est très grandiose.



Après cette escapade naturelle, nous reprenons la route vers Antequera, une ville chargée d’histoire.




Nous trouvons un spot sur un parking proche de la ville haute (Park4night). Aussi, avant de souper, nous décidons de parcourir cette ville si exceptionnelle avec ses nombreuses églises. Au coucher du soleil, les vues sont spectaculaires.


Nous visitons la ville haute, avec ses ruelles étroites et ses maisons blanches, typiques de l’Andalousie. Les monuments se succèdent : 

Nous passons devant la Basílica del Dulce Nombre de Jesús y María Santísima de la Paz.
La basilique est un exemple majeur de l’architecture baroque andalouse, construite au début du XVIIIe siècle (1720) sous l’impulsion de la confrérie du Dulce Nombre de Jesús. Elle fut édifiée pour abriter les images sacrées de la confrérie, notamment la statue du Dulce Nombre de Jesús, une œuvre du XVIIe siècle en bois doré et polychrome, de style maniériste tardif.
La chapelle abrite également une image de Santa Rosa de Lima, l’une des premières saintes américaines, vêtue de l’habit dominicain, ainsi qu’un tableau représentant la Transverbération de Sainte Thérèse d’Avila, datant du XVIIe siècle.
La façade est sobre et monumentale, typique du baroque andalou, avec une porte en marbre de Grenade et une décoration intérieure riche en stucs baroques (anges, symboles de la Passion).


Nous arrivons ensuite sur la très belle Plaza San Sebastián et son église (Colegiata de San Sebastián)

La place fut créée en 1508 par une cédule royale de Jeanne la Folle, offrant aujourd’hui l’un des ensembles urbains les plus beaux de la ville. Elle abrite des bâtiments emblématiques comme l’Arco del Nazareno et la Casa de los Bouderé. La place est considérée comme le centre géographique de l’Andalousie, marqué par une colonne en pierre rouge du Torcal, avec une inscription rappelant son rôle historique comme carrefour des communications andalouses.


Au centre, la fontaine est l’un des éléments les plus emblématiques de la place. Elle fut sculptée en 1545 par le maître granadin Baltasar de Godros, un artisan réputé de l’époque. À l’origine, elle était située sur la Plaza Alta (aujourd’hui disparue), puis déplacée au Coso de San Francisco, avant d’être installée définitivement sur la Plaza San Sebastián.
Elle est un exemple typique de l’art Renaissance en Andalousie, avec une influence claire de l’esthétique italienne, très en vogue à cette époque.
Elle servait autrefois de point de rencontre pour les habitants et de lieu de rafraîchissement, surtout pendant les chaudes journées andalouses.


L’église, la Colegiata de San Sebastián, initialement construite entre 1540 et 1549 par Diego de Guevara, devint collégiale en 1692. Elle fut profondément transformée et embellie à cette date, intégrant des éléments Renaissance et baroque.
La façade Renaissance est ornée de statues de Saint Pierre, Saint Paul et Saint Sébastien, avec des colonnes corinthiennes et des niches décoratives.


À l’intérieur, le retable de Santa María de la Esperanza (maniériste, XVIIe siècle) est l’un des plus beaux de la ville, abritant une sculpture gothique de la Vierge du XVe siècle, rapportée par l’Infante Don Fernando après la conquête de la ville en 1410.
La tour baroque, haute de 60 mètres, fut construite entre 1706 et 1722, avec un clocher reconstruit après un incendie en 1926.


A gauche de l'église, cette sculpture s’intitule « El Arte sin Tiempo » (« L’Art sans Temps »), représentant un dialogue éternel entre deux figures, symbolisant la transmission du savoir et de la passion pour Antequera à travers les générations.
 Il s'agit d'un hommage à José Antonio Muñoz Rojas et José María Fernández.

En 2017, la ville d’Antequera a rendu hommage à deux de ses figures les plus illustres du XXe siècle en installant un ensemble sculptural en bronze sur la place. Cet hommage est l’œuvre du sculpteur local Pedro Fernández Roales, connu pour d’autres réalisations dans la ville, comme le monument à la Semaine Sainte ou le buste de l’archéoastronome Michael Hoskin.

José Antonio Muñoz Rojas (1909–2009) : Poète antequerano, lauréat du Prix National de Poésie en 1998 pour son œuvre « Objetos Perdidos ». Il est représenté assis, un livre à la main (son célèbre « Las Cosas del Campo »), symbole de son attachement à la terre et à la culture andalouse.
José María Fernández (1920–2010) : Peintre, érudit et historien de l’art, connu pour ses recherches sur le patrimoine d’Antequera. Il est sculpté en train de montrer un croquis de la fontaine Renaissance à Muñoz Rojas, comme s’ils discutaient de l’histoire et de l’art de leur ville.

Le banc sur lequel ils sont assis invite les passants à s’asseoir à leurs côtés, créant ainsi une interaction entre le passé et le présent.

Nous continuons notre visite d'Antequera, en passant devant le Colegio Nuestra Señora de Loreto.
Fondé en 1693 par les Jésuites, le collège et son église furent construits pour éduquer les jeunes filles d’Antequera, notamment les plus défavorisées. L’église est dédiée à Notre-Dame de Loreto, patronne des Jésuites.
Après l’expulsion des Jésuites en 1767, le bâtiment fut repris par les Religieuses Filipenses de Nuestra Señora de los Dolores, qui y établirent un collège en 1879.


La façade de l’église est la plus monumentale du baroque antequerano, entièrement réalisée en pierre de taille, bien que l’intérieur soit resté inachevé.
L’église conserve des retables baroques et des sculptures de grande valeur, reflétant le prestige des Jésuites dans la région.

Nous continuons en direction de la Plaza Coso Viejo


Créée au XVIe siècle comme extension de la Plaza San Sebastián, cette place devint un lieu central de la vie sociale et monumentale d’Antequera. Elle fut profondément remodelée entre 1893 et 1896, transformée en jardin public avec des bancs, des palmiers et des barrières en fer forgé.
En 2002, une statue équestre en bronze de l’Infante Don Fernando (qui conquit Antequera en 1410) fut installée au centre, avec l’inscription célèbre : « Que nos salga el sol por Antequera y que sea lo que Dios quiera » (« Que le soleil se lève sur Antequera et que la volonté de Dieu soit faite »).

Sur un coté de la place, le Palacio de Nájera, palais Renaissance du XVIIe siècle, est aujourd’hui le siège du Musée Municipal. Sa tour offre une vue panoramique sur la ville.



En face, le Convento de Santa Catalina de Siena, fondé au XVIe siècle, abrite une église baroque et un cloître paisible.
Arco de los Gigantes : Une porte monumentale du XVIe siècle, symbole de la ville, avec des statues et des inscriptions latines.

Puis nous arrivons sur la Plaza de las Descalzas


Cette place tire son nom du couvent des Carmélites Déchaussées (Convento de San José), fondé au XVIIe siècle. Le couvent abrite un musée conventuel riche en art sacré, avec des sculptures de Pedro de Mena et des crèches napolitaines du XVIIIe siècle.
La façade de l’église est un chef-d’œuvre du baroque antequerano, avec une porte en pierre sculptée et des décorations en stuc.
Le musée expose des peintures, des retables et des objets liturgiques, ainsi qu’un belén (crèche) représentant la ville d’Antequera.

Nous rejoignons la Plaza del Carmen et Église del Carmen. Construite à la fin du XVIe siècle dans un style mudéjar, l'église fut le siège d’un couvent de Carmélites. Elle est dédiée à la Vierge du Carmen, dont la statue (XVIIe siècle) est conservée dans un retable baroque somptueux, considéré comme l’un des plus beaux exemples de retablistique andalouse. Malheureuse à cette heure déjà tardie, l'église est fermée.



Le Mirador del Carmen offre une vue imprenable sur la ville basse et la Peña de los Enamorados
Cette formation rocheuse spectaculaire, un "pitón" calcaire qui s’élève abruptement dans le paysage. fait partie de l’ensemble archéologique des sites des dolmens d’Antequera, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2016.
Son nom, "Peña de los Enamorados" (le Rocher des Amoureux), provient d’une légende locale :
Un jeune chrétien et une jeune musulmane, issus de familles ennemies, tombent amoureux pendant la période de la Reconquista. Incapables de vivre leur amour au grand jour, ils choisissent de se suicider en se jetant du haut de la falaise. Leurs corps, retrouvés enlacés, donnent naissance à la légende et au nom du rocher.
La silhouette du rocher rappelle, selon certains, le profil d’un visage humain.

Nous montons ensuite vers la Real Colegiata de Santa María la Mayor, en passant devant el Torreón del Asalto. Cette tour médiévale, adossée aux anciennes murailles, est un vestige des fortifications musulmanes. Selon la légende, c’est ici que l’Infante Don Fernando perça une brèche en 1410 pour conquérir la ville, mettant fin à la domination musulmane. Le nom « Torreón del Asalto » (« donjon de l’assaut ») rappelle cet épisode historique décisif, souvent raconté comme un exploit héroïque.





Construite entre 1514 et 1550 sous l’impulsion de l’évêque Diego Ramírez de Villaescusa, la Real Colegiata de Santa María la Mayor est le premier édifice Renaissance d’Andalousie. Elle fut conçue pour remplacer l’ancienne collégiale et symboliser la puissance chrétienne après la Reconquête.
La façade, la plus monumentale d’Antequera, est en pierre de taille, avec trois portes (la centrale étant la plus imposante) et des pinacles coniques striés, inspirés du gothique vénitien.
L’intérieur combine des éléments gothiques tardifs (voûtes en étoile) et Renaissance (colonnes ioniques, fenêtres florentines).



Nous terminons la visite par le Mirador de las Almenillas.
Ce belvédère, situé derrière l’Arco de los Gigantes, offre l’une des plus belles vues sur Antequera, avec ses églises, ses clochers et ses palais. Il fut aménagé au XXe siècle pour mettre en valeur le patrimoine monumental de la ville. La vue au coucher du soleil est spectaculaire.



Nous pouvons également admirer l'arco de la Gigantes
 Construit pour remplacer un ancien accès en coude de l’enceinte musulmane, l’arche symbolisait la volonté d’Antequera de se rattacher à son passé romain et de célébrer son âge d’or humaniste.
Érigé en 1585, en l’honneur d’une visite prévue (mais jamais réalisée) du roi Philippe II, il servait aussi à légitimer le prestige culturel de la ville en intégrant des vestiges romains dans sa décoration.
Surnommé « Arco de los Gigantes » en référence aux grandes statues de héros antiques qui l’ornaient (aujourd’hui disparues), et aussi « Puerta de Hércules » à cause d’une statue du héros romain qui le couronnait. Au XXe siècle, une partie de la décoration fut retirée pour préservation, en raison de l’érosion. L’arche fut déclarée Bien d’Intérêt Culturel (BIC) en 2004.



L’Arco de los Gigantes est un symbole de la Renaissance andalouse, un pont entre l’Antiquité et l’âge moderne, et une porte d’entrée vers le patrimoine exceptionnel d’Antequera. Son histoire, son architecture sobre et sa position stratégique en font un lieu incontournable pour comprendre l’identité de la ville.


Retour au bivouac sur le parking qui surplombe l'alcazaba d'Antequera.




>> El Torcal (Site officiel)
>> El Torcal (Wikipédia)

>> Antequera tourisme (Site officiel en français)
>> Antequera (Wikipédia)

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➤ J2 : Antequera > Cordoue (118 km)    15/04/2026

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Après une nuit très calme, nous faisons une petite halte technique (plein d'eau) sur l'aire de camping-car d'Antequera (P4n).. 


Une fois les services effectués, nous prenons la direction de Cordoue, l’ancienne capitale du califat omeyyadeNous trouvons facilement le stationnement sur le grand parking au sud-est de la ville (P4n), pas très loin du centre historique. Il offre de l'ombre, et nous allons pouvoir manger tranquillement entre les véhicules.


Nous commençons par une balade le long du fleuve, jusqu’au Pont Arabe (ou Pont de San Rafael), un ouvrage majestueux qui enjambe le Guadalquivir. Le pont arabe a été construit par sous Auguste, puis reconstruit plusieurs fois par la suite, et notamment à l'époque arabe. 

 

Au passage nous pouvons voir les moulins arabes : norias semblables à celles que l'on trouve en Syrie et en Egypte, permettant de remonter l'eau du fleuve vers les jardins des palais.



Nous entrons dans la ville par la Puerta del Puente, construite au XVIe siècle suivant un schéma classique avec de grandes colonnes doriques, un entablement, une frise et un fronton courbe orné d'un blason soutenu par deux guerriers. 




Puis, direction la Mosquée-Cathédrale, un joyau architectural où se mêlent les arcs en fer à cheval de l’art islamique et les chapelles gothiques de la Renaissance. Seul nos amis vont faire la visite, car nous avions déjà eu le bonheur de voir ce chef d'œuvre lors de notre voyage en Andalousie en 2019 (Voyage 19 - Andalousie / Cordoue).





Nous plongeons ensuite dans la Judería, le quartier juif médiéval, avec ses ruelles étroites et ses patios fleuris. Nous faisons juste avant une pause dans un petit bar le long des anciens remparts, puis entrons dans le quartier juif par la porte d'Almódovar, largement remaniée au XIXe siècle avec l'ajout d'une façade intérieure crénelée. Avant d'entrée, nous admirons la statue de Sénèque.





Nous entrons dans el Zoco (le souk) qui offre une très belle architecture de patio avec ses arcs en briques. Un peu plus, sur la plaza de Tiberiades, nous pouvons voir la statue de Malmonide, philosophe et médecin juif cordouan de réputation universelle. Nous passons ensuite devant la belle façade de l'université de philosophie et de lettres de Cordoue qui se trouve dans l'ancien hôpital du Cardinal Salazar.






Nous rejoignons ensuite la Calleja de las Flores, avec ses murs blancs et ses géraniums. Cette ruelle débouche sur une petite place ornée d'une fontaine et qui offre une belle vue sur la tour de la mosquée.



Nous passons également par la rue la plus étroite de Cordoue ...






Nous terminons la visite du quartier par la rue la plus étroite de Cordoue ... puis rentrons au camping-car en traversant le quartier de San Basilio. Au hasard de la promenade nous pouvons admirer de très beaux patios fleuris. 








Petites courses dans un supermarché proche du parking pour finaliser le souper ...


... et soirée tranquille ...




>> Cordoue tourisme (Site officiel en français)
>> Cordoue (Wikipédia)

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➤ J3 : Cordoue > Montoro > Ermitage de Fuensanta  (58 km) 16/04/2026

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Bien que très proche de la ville, la nuit sera très calme, et c'est en fin de matinée que nous prenons la route du départ, sans avoir au préalable fait les services sur la station ad hoc du parking. Après un petit détour par le magasin Lidl tout proche, nous prenons la direction de Montoro.


Nous stationnons sur le parking des arènes (P4n). Il est en effet très, imprudent de vouloir entrer plus dans la ville. La circulation y est très complexe avec des rues très étroites et de fortes pentes. 


Montoro, située dans la province de Córdoue, en Andalousie, est habitée depuis la Préhistoire.
À l’époque romaine, la ville, alors appelée Mentisa ou Montur, était un carrefour stratégique sur la route reliant Córdoue à la Sierra Morena, connu pour ses mines et son rôle dans l’approvisionnement en métaux.
Sous les Wisigoths (Ve–VIIIe siècles), Montoro devint un lieu de défense contre les invasions byzantines, puis musulmanes à partir du VIIIe siècle. Les Arabes la rebaptisèrent Muntur et en firent une forteresse clé pour contrôler la vallée du Guadalquivir.
Durant l’époque musulmane (711–1240), la ville fut un bastion important pendant la domination musulmane, avec une alcazaba (forteresse) et des remparts pour se protéger des raids chrétiens.
Elle fut conquise par les Rois Catholiques en 1240, lors de la Reconquête, et intégrée au royaume de Castille. La mosquée fut transformée en église, et la ville devint un centre administratif et religieux chrétien.
Durant son âge d’or (XVIe–XVIIIe siècles), Montoro connut un essor économique grâce à l’agriculture (oliviers, vignes), l’élevage et le commerce fluvial sur le Guadalquivir.
Au XIXe siècle, Montoro fut touchée par les guerres napoléoniennes et les conflits carlistes, mais conserva son rôle de ville agricole et artisanale.
Aujourd’hui, son centre historique est un ensemble architectural préservé, classé Bien d’Intérêt Culturel (BIC) en Andalousie.

Nous passons par l'Office de tourisme, où une charmante dame nous accueil avec un français presque impeccable, nous donnant de précieuses information pour visiter la ville. Depuis les balcons de l'office de tourisme nous avons une très belle vue sur le vieux pont qui enjambe le Guadalquivir.




Bien que souvent appelé "pont romain", sa construction remonte probablement à l’époque médiévale (XIIIe–XIVe siècles), avec des fondations romaines. Il servait de passage obligatoire pour traverser le Guadalquivir, reliant Montoro aux villages de la rive opposée.
Sa structure en pierre avec 5 arcs en plein cintre, est typiques de l’architecture médiévale andalouse.
Le pont offre une vue magnifique sur le fleuve et les moulins à eau (molinos) qui bordaient autrefois ses rives. Pendant la Guerre d’Espagne (1936–1939), le pont fut partiellement détruit pour ralentir l’avancée des troupes, puis reconstruit.

Nous prenons la direction de la Plaza de España au cœur de la ville ancienne.




Sur la place, l'église de San Bartolomé (Iglesia Parroquial de San Bartolomé) est construite au XVIe siècle sur les vestiges d’une ancienne mosquée. Elle est un symbole de la transition entre l’ère musulmane et chrétienne, et fut agrandie aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’ajout de chapelles et de retables baroques.



Sur la côté, le Palais des Ducs de Montoro (Palacio de los Duques de Montoro) a été construit au XVIe siècle par la famille noble des Ducs de Montoro. Il est un exemple de l’architecture civile de la Renaissance andalouse, et fut le siège du pouvoir local pendant des siècles et accueillit des personnalités comme le roi Charles Quint lors de ses voyages en Andalousie.
Sa façade est en pierre de taille, avec des fenêtres à meneaux et des balcons en fer forgé.
Il abrite une très belle cour intérieure (patio), typique des palais andalous, avec une fontaine centrale et des colonnes en marbre.
Le palais abrite aujourd’hui la Mairie (Ayuntamiento) et un petit musée municipal avec des objets archéologiques (céramiques romaines, pièces de monnaie arabes).



Montoro abritait une communauté juive importante jusqu’à l’expulsion des Juifs en 1492. Leur quartier, la Judería, était situé près de l’église de San Bartolomé. C'est avec délice que nous nous promenons dans les ruelles étroites, sinueuses, ... et très très pentues, avec leurs maisons blanchies à la chaux, rappelant l’influence mauresque et juive sur l’urbanisme de la ville.

Nous terminons notre visite par un coup d'oeil sur la façade de la maison des coquillages ...




Après la visite nous déjeunons au bar le Hanoy, sur la plaza de España.



Nous rejoignons le parking et décidons de dormir à l'hermitage de la Virgen de la Fuensanta, au milileu de la nature à quelques kilomètres de Montoro (P4n).


Selon la tradition orale, l’histoire de l’ermitage remonte au XVe siècle, lorsque la Vierge de la Fuensanta serait apparue à un berger de Marmolejo (village voisin) dans le Valle del Corcomé. Cet événement miraculeux aurait motivé la construction d’un premier lieu de culte sur place.
Le nom « Fuensanta » (Fontaine Sainte) proviendrait d’une source d’eau située à proximité, à laquelle on attribuait des vertus curatives depuis le Moyen Âge. Cette source, aujourd’hui disparue ou asséchée, aurait donné son nom à la Vierge et à l’ermitage
Un premier ermitage médiéval fut probablement érigé dès le XVe siècle, mais les documents historiques manquent pour cette période. Les premières mentions écrites datent du XVIIIe siècle, lorsque l’édifice fut restauré ou reconstruit.
L’ermitage actuel, de style baroque, fut construit ou profondément remanié au XVIIIe siècle (vers 1782–1788), sous l’impulsion du clergé et des autorités local e siècle (1916), l’ermitage était dans un état de ruine en raison de son abandon. Il fut ensuite restauré à plusieurs reprises, notamment grâce à la dévotion populaire et aux efforts de la Cofradía de Nuestra Señora de la Fuensanta (Confrérie de la Vierge).



Le dernier dimanche d’avril, des centaines de fidèles de Montoro et des villages voisins se rendent en procession à l’ermitage, en portant des cierges (velas) – d’où le nom « Veleras ». Ce pèlerinage est l’un des événements les plus importants de la région, mêlant foi, tradition et convivialité.

L’ermitage est situé dans le Valle del Corcomé, un vallon paisible entouré de collines couvertes d’oliviers et de végétation méditerranéenne. L’endroit est idéal pour une escapade loin de l’agitation, dans une ambiance de sérénité et de connexion avec la nature.


Nous y arrivons en milieu d'après-midi, au moment de la sieste. 





En fin de journée, partie de pétanque mémorable sur un terrain très accidenté. Nuit très calme.


>> Montoro tourisme (Site officiel en espagnol)
>> Montoro (Wikipédia espagnole)

>> Hermitage de la Virgen de Fuensanta (Site officiel espagnol)
>> Confrérie de la Vierge de Fuensanta (Site officiel espagnol)

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➤ J4 : Ermitage de Fuensanta > Baeza (88 km) 17/04/2026

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En fin de matinée, nous reprenons la route en direction de la ville de Baeza, notre prochaine étape.

Au passage, nous faisons une petite halte à la station service pour faire le plein de GPL.



Se garer sur l’aire de camping-car de Baeza (P4n), c’est bien plus qu’une simple halte : c’est le début d’un voyage dans le temps, au cœur d’une ville où la Renaissance espagnole a laissé une empreinte indélébile. 





Dès les premiers pas vers le centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003, on est saisi par l’harmonie des façades en pierre dorée, les balcons en fer forgé et l’atmosphère paisible qui règne dans ces ruelles pavées. Baeza, fondée par les Ibères sous le nom de Beatia, devint sous les Romains un centre administratif important, avant de briller à l’époque nasride (XIIIe–XVe siècles) comme ville frontière entre les royaumes musulman et chrétien. 

Mais c’est au XVIe siècle, grâce à des figures comme Saint Jean d’Ávila (né à Baeza en 1500) et les mecènes locaux, que la ville se transforma en un joyau de la Renaissance andalouse, rivalisant avec Úbeda, sa voisine.

Se promener dans la Calle San Pablo à Baeza, c’est comme feuilleter un livre d’histoire à ciel ouvert, où chaque façade, chaque pierre, chaque détail architectural raconte un chapitre de la Renaissance espagnole. Cette rue, l’une des plus emblématiques de la ville, en traversant un dédale de maisons nobles, d’églises et de places qui respirent l’élégance et le temps suspendu. Dès les premiers pas, on est saisi par l’harmonie des façades en pierre dorée, des balcons en fer forgé et des portails sculptés, témoignages d’une époque où Baeza était un foyer culturel et religieux majeur en Andalousie.

La Calle San Pablo doit son nom à l’église du même nom, un joyau de la Renaissance andalouse. Construite au XVIe siècle, cette église impressionne par sa façade sobre mais élégante, avec ses trois portes en arc de plein cintre, encadrées de colonnes toscanes. C’est ici que Saint Jean d’Ávila, né à Baeza en 1500, prêcha à plusieurs reprises, marquant profondément la vie spirituelle de la cité.



En continuant la balade, on croise des palais Renaissance aux façades ornées de blasons et de médaillons, comme la Casa de los Condes de la Vega, dont les fenêtres à meneaux et les balcons en bois sculpté rappellent le faste des familles nobles de l’époque. Plus loin, la Casa del Pópulo, avec sa façade à bossages et ses fenêtres à grilles, est un autre exemple de l’architecture civile du XVIe siècle, où se mêlent influences gothiques et Renaissance.







En arrivant sur la Plaza de la Constitución, on est malheureusement accueilli par un immense chantier. Cette place, cœur politique et social de Baeza, est entourée de bâtiments historiques qui ont vu défiler les époques. Au centre, une fontaine du XIXe siècle apporte une touche de fraîcheur, tandis que les arcades abritent des cafés et des boutiques où l’on peut déguster un café ou acheter des produits locaux.




Autour de la place, les maisons à balcons et les édifices publics rappellent que Baeza fut, dès le Moyen Âge, un centre administratif important. 
Ce qui frappe le plus dans la Calle San Pablo et la Plaza de la Constitución, c’est cette atmosphère unique où le passé et le présent se mêlent harmonieusement. Les ruelles adjacentes, comme la Calle Mercaderes ou la Calle San Juan de Ávila, invitent à la flânerie, entre boutiques d’artisans, ateliers de céramique et cafés traditionnels. On y croise des étudiants, des habitants discutant sous les arcades, ou des musiciens de rue qui animent l’ambiance.

En remontant vers la Plaza del Pópulo, on plonge immédiatement dans l’histoire. Cette place, cœur battant de la ville, est encadrée par des monuments emblématiques.
Au centre, la fontaine des Lions (Fuente de los Leones), a été rapportée au XVIe siècle des ruines de la ville romaine voisine de Castulo. Elle est surmontée d'une statue représentant Himilce, l'épouse d'Hannibal.

Autour de la place on trouve les anciens abattoirs qui occupaient une demeure seigneuriale Renaissance. On remarquera le blason de Charles Quint, avec l'aigle bicéphale (emblème des Habsbourg) au premier étage, où se tenait le tribunal de justice. 




Toujours sur la place, la Casa del Pópulo est l'ancien siège de l'Audience civile. Les six portes correspondaient à autant de bureaux de greffiers. Le bâtiment abrite aujourd'hui l'Office de tourisme.




A l'angle sud-est de la place, nous admirons l'arc de Villalar, érigé en souvenir de la victoire de Charles Quint sur les comuneros (les représentants des communautés qui s'étaient soulevés contre la hausse des impôts promulgués par ce nouveau roi, trop souvent absent du royaume). Juste à coté, la porte de Jaén a été élevée à l'occasion du passage de l'empereur dans la ville durant sa lune de miel avec Isabelle de Portugal.




Nous arrivons alors Plaza de Santa María, en passant devant le Seminario de S. Felipe Neri. Ce bâtiment de style maniériste est couvert d'inscriptions. Ce privilège était accordé aux étudiants qui après la réussite de leur examen étaient autorisés à inscrire leur nom et date avec du sang de taureau. 




Au centre de la place, une très belle fontaine est décorée de cariatides et d'atlantes. Cette fontaine a été sculptée par Ginès Martinez en 1564, en commémoration de la première arrivée de l'eau à Baeza.





En haut de la place, nous pouvons voir la cathédrale construite au XVIe siècle avec une belle façade Renaissance qui avec le coté ouest plus ancien. C'est de ce coté ci que l'on pourra admirer la porte de la Luna de style gothique-mudéjare du XIIIe siècle. Sur le mur sud s'ouvre la porte du Pardon du XVe siècle.






Nous continuons notre découverte de Baeza par le paseo de Antonio Machado, sur les traces de l'ancienne muraille. Cette promenade offre des belvédères sur la vallée du Guadalquivir, avec en fond la sierra Mágina et la sierra de Cazorla.

Nous rebroussons chemin pour nous diriger vers le Palais de Jabalquinto ... un incontournable. 

Au passage, nous longeons les ruines de l'église Saint-Jean Baptiste ... et faisons un petit crochet dans la cour du palais épiscopal.





Commandé par Juan Alfonso de Benavides, secrétaire des Rois Catholiques, le palais de Jabalquinto (1490-1530) est un exemple parfait de l’art gothico-Renaissance, avec sa façade ornée de fenêtres à meneaux, de médaillons représentant des empereurs romains et des guirlandes végétales sculptées dans la pierre. Cette façade, attribuée à Juan Guas et Enrique Egas, fera scandale à l'époque. Outre les deux personnages nus, les blasons du mari et de l'épouse (4 de chaque coté) sont au même niveau. Or selon les us et coutumes de l'époque, les blasons de l'épouse auraient du être à gauche et plus bas que ceux de son mari.
Ce palais abrite aujourd’hui le siège de l’Université Internationale d’Andalousie (UNIA), rappelant que Baeza fut, au XVIe siècle, un foyer intellectuel majeur, avec son collège de Saint Jean d’Ávila (fondé en 1542), où enseignaient des humanistes comme Antonio de Nebrija, auteur de la première grammaire castillane.




En face du palais, l'église de Santa Cruz est la seule église romane (XIIIe s.) subsistant à Baeza.



Tout proche, nous visitons la antigua Universidad fondée au XVIe s. par Rodrigo López et Juan de Ávila. Son utilisation va cesser en 1827, et les bâtiments serviront pour un établissement d'enseignement secondaire à partir de 1875. Nous visiterons la salle de classe dans laquelle le poète Antonio Machado a enseigné.







Nous traversons difficilement la plaza de la Constitución pour aller voir el Ayuntamiento (la mairie). Il est situé dans l'ancien palais de justice et l'ancienne prison. Nous admirons la belle façade plateresque tardif avec ses quatre balcons soutenus par deux fragiles colonnes en marbre. La porte de gauche est l'ancienne entrée de la prison, ornée de deux cariatides : la Charité et la Justice.






Avant de quitter le centre de Baeza, une halte dans une boulangerie traditionnelle sur la plaza de la Constitución s'impose.


Puis nous retournons sur l'aire de camping-car pour souper et y dormir. 

Quitter Baeza, c’est emporter avec soi le souvenir d’une ville où chaque pierre, chaque place, chaque église semble murmurer les vers de Garcilaso de la Vega ou les prêches de Saint Jean d’Ávila. Pour les camping-caristes, c’est aussi la satisfaction d’avoir découvert, depuis une simple aire de stationnement, l’un des plus beaux écrins de la Renaissance espagnole, où l’art, l’histoire et la vie quotidienne ne font qu’un. Une escapade qui donne envie de revenir, ne serait-ce que pour s’asseoir à nouveau sur un banc de la Plaza de la Constitución dont le chantier de rénovation sera terminé, écouter les cloches sonner l’heure, et savourer l’âme intemporelle de Baeza.


>> Baeza (Wikipédia)
>> Baeza tourisme (Site officiel français)

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➤ J5 : Baeza > Baños de Zújar > Vera-Playa (246 km)    18/04/2026

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Après une nuit très calme sur l'aire de Baeza (P4n), bien que située juste à coté de la gare routière, nous faisons les services, et prenons la direction de la côte.

Direction Zújar : Nous prenons la route vers le nord de la province de Grenade, en direction des Baños de Zújar, des bains thermaux naturels réputés. Malheureusement, en arrivant, nous découvrons que les bains sont actuellement submergés par les eaux du barrage de Negratín, construit dans les années 1980. Une petite déception, mais l’endroit reste magnifique, avec son lac turquoise entouré de montagnes arides.

L'an dernier, en mars 2025, nous avions eu la chance de pouvoir nous y baigner. Sur le compte-rendu, il y a des vidéos et de nombreux liens sur ces sources chaudes >> Voyage 57 - Baños de Zújar.

Nous pique-niquons sur les rives du barrage, avec une vue imprenable sur les eaux calmes et les collines environnantes. Un moment de tranquillité, bercé par le chant des oiseaux.


>> Zújar (Wikipédia espagnol)
>> Zújar municipalité (Site officiel espagnol)
>> Barrage de Negratin (Wikipédia)

En début d'après-midi, nous mettons le cap sur Vera Playa, une station balnéaire de la mer Méditerranée. Par la A315, nous traversons de très beaux paysages ... les contreforts de la Sierra de las Villas. 

Sur la route, petit arrêt pour refaire le plein de gasoil ...


En fin de journée, nous arrivons à Vera Playa, et trouvons très facilement de la place sur la plage (P4n).


Nous profitons d’une balade en ville et sur les plages de sable fin. Le dîner au Restaurant Casa María est un régal. En cette période de l'année, il y a peu de monde, et de nombreux restaurants sont fermés.


Nous nous endormons au son des vagues, avec l’impression d’avoir traversé plusieurs Andalousie en quelques jours : celle des montagnes, des villes historiques, des oliveraies et, enfin, de la mer.

>> Vera (Wikipédia)

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➤ J6 : Vera-Playa (0 km)    19/04/2026

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Journée de repos, au calme en bord de mer avec le soleil ... et ami ...

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➤ J7 : Vera-Playa (0 km)    20/04/2026

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RAS ... petite promenade sur la plage et dans la ville ...

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➤ J8 : Vera-Playa > Torremolinos (321 km)    21/04/2026

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L'heure du retour arrive. en fin de matinée nous prenons la direction d'Alméria. Nous traversons cette ville, que nous avions pu visiter en octobre 2025 (Voyage 59 - En France en famille).

Nous faisons halte pour déjeuner à Roquetas-de-Mar, que nous connaissons bien (Voyage 15, en 2020 ; voyage 29, en 2021 et à nouveau quelques jours plus tard ; en décembre 2024 (voyage 56, retour de Lyon pour tri mobilier). Il est toujours possible de stationner sur l'avenue de la Légion Espagnole (P4n). 

Et après le repas, petite promenade découverte dans les anciens marais.

>> Roquetas de Mar (Wikipédia)
>> Salines de San Rafael (Site officiel tourisme espagnol)

Nous reprenons la route en milieu d'après-midi, et faisons les services sur l'aire Moeve de Adra (très pratique) (P4n).


Et en fin de journée, nous arrivons à Torremolinos.


Ce voyage nous a offert un mélange parfait de nature, d’histoire et de rencontres. Chaque étape a été une découverte, chaque ville une plongée dans le passé, et chaque repas une célébration des saveurs andalouses. Le camping-car, notre maison roulante, nous a permis de vivre cette aventure à notre rythme, avec la liberté de nous arrêter où bon nous semblait.

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